Marcus Brancaglione est cofondateur de ReCivitas, une organisation brésilienne connue pour avoir expérimenté le revenu de base pour la première fois au Brésil (lire notre interview à ce sujet). À l’occasion de l’élection présidentielle, il évoque sur son blog la montée de l’idée en France et salue le travail des militants du Mouvement français pour un revenu de base.

Je félicite le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB) pour les réussites dans la popularisation de cette idée du revenu de base. Quand nous étions en France en 2012, le revenu de base était très connu dans les milieux académiques mais peu divulgué et débattu parmi la population française. En 2015 lorsque nous sommes revenus en France, le MFRB était déjà un des mouvements les plus importants en Europe et dans le monde. Sans le travail de tous les adhérents du mouvement, l’idée n’aurait pas gagné la force qu’elle a aujourd’hui.

Je me souviens de Nicole Teke (ndlr : coordinatrice relations publiques du MFRB) et de beaucoup d’autres qui, dans les conversations, soulignaient que quand l’expérience commencerait réellement en Finlande, l’idée se répandrait encore plus rapidement. Et qu’en France et dans d’autres pays européens, il y aurait des partis politiques qui intégreraient dans leur programme de gouvernement le revenu de base. Ainsi ces militants faisaient une description précise de la scène politique française telle qu’elle apparaît aujourd’hui et ils se préparaient à affronter la période à venir.

Cela ne va pas être facile. Le mouvement pour un revenu de base est aussi une manifestation de la résistance à la montée de l’extrême droite en France. Cette lutte en France peut anticiper la plus importante lutte de notre temps… Lutte entre les idéologies nationalistes du siècle passé et les idées humanistes de notre futur. Une économie fondée sur le revenu universel ou « patriotisme économique » ? Telle est la lutte entre liberté et autoritarisme qui se déroule en France et qui a manqué aux dernières élections comme option aux Etats-unis d’Amérique.

Et si ce débat manquait à l’avenir dans n’importe quelle nation du monde, personne ne pourrait dire qu’il ne savait pas quel risque il court.

Félicitations, courage et salutations à tous les ami(e)s de France. Nous sommes de tout cœur avec vous !